Près de cinq ans après la dégradation qui avait suivi le coup d’État de janvier 2022, le Burkina Faso regagne un cran chez S&P Global Ratings.

Le 6 novembre 2026, l’agence a relevé la note souveraine de long terme du pays de « CCC+ » à « B- », avec une perspective stable, et sa note de court terme de « C » à « B », en devises comme en monnaie locale, selon le détail de la décision. Motif central : le recul des risques de liquidité. D’après S&P, l’État a payé ses créanciers commerciaux intégralement et à bonne date.

Les fondamentaux retenus par l’agence ont nettement évolué. Le déficit budgétaire est revenu à 1,8 % du PIB en 2025, contre 5,8 % un an plus tôt, et la dette publique est estimée à 53,5 % du PIB. La croissance réelle a atteint 5,3 %. Porté par une production de 90,7 tonnes en 2025, contre 58,8 tonnes en moyenne sur 2022-2024, l’or a représenté environ 90 % des exportations.

Pour 2026, S&P projette un déficit de 3,8 % du PIB et une dette ramenée à 51,3 %, puis stable autour de 51 % jusqu’en 2029, avec une croissance moyenne d’environ 4,5 % par an sur 2026-2029. Les intérêts absorberaient environ 10 % des recettes publiques sur la période.

La note reste toutefois adossée au métal jaune : l’agence retient un or à 4 300 dollars l’once en 2026, 4 000 en 2027 et 3 500 en 2028. Une croissance, une consolidation budgétaire et des comptes extérieurs meilleurs que prévu ouvriraient la voie à un nouveau relèvement. S&P précise ne pas anticiper de sortie du Burkina de l’UEMOA.

Pour les banques et investisseurs qui souscrivent aux émissions du Trésor burkinabè sur le marché régional, le signal porte d’abord sur la capacité de paiement à court terme.

Ce retour en catégorie B mérite d’être salué pour un pays qui fait face à des défis sécuritaires et où une grande partie des finances sont absorbée par la défense. L’acte héroïque du pays des hommes intègres qui pourrait inspirer d’autres pays est la capacité de mobilisation interne et le lancement des grands travaux comme Faso Mebo qui quitte la trajectoire commode des stratégies de développement.

Mais ce relèvement suffira-t-il à alléger le coût de financement de l’État sur le marché de l’UMOA ?

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