Dix ans après son lancement, Baobab Burkina SA revendique 279,3 milliards FCFA injectés dans l’économie burkinabè à travers 225 177 crédits. L’institution de microfinance a célébré cette décennie le 6 novembre 2026 à Ouagadougou, avec un cap désormais affiché : le leadership national avant 2030.

Le baobab est réputé pour sa croissance lente. Sa déclinaison financière burkinabè a visiblement choisi le rythme inverse. Née en 2016 sous l’enseigne MicroCred, la filiale du groupe panafricain Baobab a fêté ses dix ans le vendredi 6 novembre au soir, lors d’une cérémonie placée sous le patronage du ministre de l’Économie et des Finances, Dr Aboubakar Nacanabo, et parrainée par Roland Achille Sow, président de la Délégation spéciale consulaire de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina Faso.

Les chiffres communiqués par l’institution éclairent la nature de son modèle. Les très petites entreprises (TPE) concentrent 98 % des crédits en nombre, soit 221 437 opérations, mais seulement 54 % des montants, avec 151,7 milliards FCFA. Les petites et moyennes entreprises (PME), qui n’ont reçu qu’environ 3 700 crédits, ont absorbé 127,6 milliards FCFA. Selon les calculs de BFM, le ticket moyen d’une PME avoisine ainsi 34 millions FCFA, contre moins de 700 000 FCFA pour une TPE : une double clientèle qui conjugue inclusion de masse et financement de l’investissement.

L’entrepreneuriat féminin constitue l’autre marqueur de la décennie. Selon Baobab Burkina, 96 421 crédits, pour 36,3 milliards FCFA, ont bénéficié à des entreprises dirigées par des femmes, dont la part parmi les TPE financées est passée de 39,1 % en 2021 à 47,4 % en 2025, aux portes de la parité.

Côté distribution, l’institution s’appuie sur seize agences réparties dans six grandes régions économiques et sur plus de 120 points partenaires. Mais le levier décisif est numérique : application My Baobab et code USSD, passerelles directes avec Orange Money et Moov Money intégrées au système de paiement instantané de la BCEAO, et crédit par scoring. Le dispositif ALIP autorise un renouvellement en quelques minutes jusqu’à 10 millions FCFA, tandis que TAKA propose un nano-crédit d’urgence, notifié par SMS, plafonné à 500 000 FCFA. Un positionnement qui arrime la microfinance à la dynamique d’interopérabilité engagée à l’échelle de l’UEMOA.

Prospection de masse, tournoi inter-agences, journée de dépistage du cancer du col de l’utérus et des hépatites B et C, don à l’initiative Faso Mêbo : l’anniversaire se décline aussi sur le terrain. Dans sa communication, l’institution se fixe désormais l’objectif de devenir la première institution de microfinance du Burkina Faso avant 2030. À l’échelle d’un baobab, dix ans, ce n’est pourtant que l’enfance.

Source : données communiquées par Baobab Burkina SA à l’occasion de son dixième anniversaire.

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