Transformer sa forme juridique, renforcer son capital, séparer la présidence du conseil et la direction générale : pour les institutions de microfinance burkinabè, la mise en conformité n’est plus une perspective, c’est une échéance.
Le cadre est connu. La loi n°001-2025/ALT du 13 février 2025, transposition de la loi uniforme de l’UMOA sur la microfinance, a été adoptée à l’unanimité par l’Assemblée législative de Transition, rapporte Agence Ecofin. Elle ne reconnaît plus que deux formes juridiques, la société anonyme et la société coopérative, toutes deux dotées d’un conseil d’administration. Elle impose un capital minimum, des exigences de compétence pour les dirigeants et ouvre de nouveaux métiers : finance islamique, monnaie électronique, crédit-bail et affacturage.
Le délai initial de 12 mois, prévu à l’article 168, a expiré le 13 février 2026. Selon Horonya Finance, une note du ministère de l’Économie et des Finances datée du 11 juin 2026, prise après concertation entre la DGTCP et la BCEAO, a accordé quatre mois supplémentaires. L’échéance tombe donc ce mois d’octobre. Passé ce cap, l’article 168 prévoit le retrait d’agrément et la liquidation des structures non conformes.
L’ampleur du chantier est réelle. D’après l’entretien accordé en août à L’Économiste du Faso par le directeur de la surveillance et du contrôle des SFD, 83 institutions mutualistes ou coopératives, 9 associations et 4 SARL sont concernées ; à cette date, un seul dossier avait été reçu.
Les grands réseaux bougent. Selon Sidwaya, les délégués de 31 caisses populaires ont tenu le 29 septembre à Ouagadougou l’assemblée générale constitutive de régularisation de la Faîtière des caisses populaires du Burkina, transformée en union de sociétés coopératives avec conseil d’administration. Certaines précisions de la BCEAO restent attendues, notamment sur le capital social minimum et le nombre minimum de coopérateurs.
Le mouvement est régional : à Abidjan, l’association ivoirienne des SFD forme du 13 au 15 octobre les professionnels du secteur à la nouvelle loi, indique Fraternité Matin.
Pour les banques, l’enjeu est double : des SFD mieux gouvernés deviennent des partenaires de refinancement plus crédibles, mais aussi des concurrents mieux armés sur le paiement mobile et le crédit-bail. Pour les épargnants, le réflexe reste de vérifier l’agrément de leur institution auprès du ministère chargé des Finances.
La consolidation qui s’annonce renforcera-t-elle l’inclusion financière, ou laissera-t-elle sans service les zones où opéraient les plus petites structures ?
