Aujourd’hui, une entreprise de Ouagadougou qui règle un fournisseur à Accra ou à Lagos passe souvent par le dollar ou l’euro, et par des banques correspondantes situées hors du continent. Ce circuit long et coûteux pourrait bientôt être court-circuité.
Réuni le 2 octobre 2026 au siège de la BCEAO à Dakar, sous la présidence du ministre burkinabè de l’Économie et des Finances, Aboubakar Nacanabo, le Conseil des Ministres de l’Union a émis un avis favorable à la participation de la BCEAO et des banques commerciales de l’UMOA au Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), selon le communiqué officiel publié par la Banque centrale.
Soutenu par Afreximbank, l’Union africaine et la ZLECAf, PAPSS promet des transferts instantanés ou quasi instantanés, d’après la plateforme elle-même. Il permet de régler des transactions transfrontalières en monnaies locales, sans passer par le dollar ni l’euro, explique l’agence Ecofin, selon laquelle le réseau revendique 28 pays et plus de 190 banques commerciales et fintechs, avec l’objectif de traiter au moins la moitié des paiements du commerce intra-africain d’ici 2045.
Le terrain était préparé. En juillet, la BCEAO annonçait une phase pilote de six mois associant plus de 80 banques commerciales de l’UEMOA, la Banque centrale n’y intervenant qu’en observatrice pour vérifier la conformité avec la réglementation communautaire, rapportait Ecofin. Ce pilote doit relier PAPSS à la plateforme de paiement instantané de la BCEAO (PI-SPI), lancée le 30 septembre 2025, précise Capmad.
Le mouvement est continental : la BEAC a rejoint PAPSS le 9 juillet 2026 comme membre à part entière, et les banques de la CEMAC doivent s’y connecter d’ici fin 2026, indique Ecofin.
Pour les banques de l’Union, l’enjeu est double : capter des flux commerciaux intra-africains appelés à croître avec la ZLECAf, et réduire leur dépendance aux correspondants étrangers. Restent plusieurs inconnues : la date de démarrage effective, le coût d’adhésion pour les établissements et l’appétit réel des entreprises.
Le feu vert est donné. Une question demeure : quelles banques burkinabè seront prêtes les premières ?
Sources : BCEAO, communiqué de la 3e session ordinaire 2026 du Conseil des Ministres de l’UMOA (2 octobre 2026)
