Sur le continent, l’assurance reste un marché de niches, et l’Afrique de l’Ouest francophone s’y fait enfin une place dans les classements.
Selon le rapport annuel 2026 de l’Organisation des assurances africaines (OAA), publié le 13 octobre le Burkina Faso affiche un taux de pénétration de l’assurance de 1,16 %, soit le rapport entre les primes brutes et le PIB. Le pays se classe 9e en Afrique, juste derrière la Côte d’Ivoire (1,17 %) et devant le Cameroun (0,88 %). Le Sénégal est le mieux placé des quatre pays de la zone CIMA présents dans ce top 10, avec 1,51 % (6e).
En tête, l’Afrique du Sud (11,5 %) et la Namibie (7,4 %) restent les seuls marchés africains au-dessus de la moyenne mondiale, devant le Maroc (3,9 %), le Kenya (2,4 %) et la Tunisie (2,34 %). La concentration est extrême : l’Afrique du Sud capte à elle seule plus de 75 % des primes vie du continent, avec 43,78 milliards de dollars.
Contexte : La faiblesse générale de la pénétration tient au poids de l’économie informelle, des revenus modestes et des freins culturels. Côté réassurance, les réassureurs africains enregistrent une rentabilité des fonds propres à deux chiffres pour la troisième année consécutive, mais leur capacité reste limitée pour les grands risques énergétiques, industriels et immobiliers, d’où un recours fréquent aux réassureurs internationaux. À noter : le classement 2025 de l’OAA, ne faisait figurer aucun pays de la zone CIMA dans son top 10, sur un panel de pays qui n’est pas strictement comparable.
Enjeux : pour les banques, un marché de l’assurance plus profond signifie davantage de bancassurance, de garanties sur le crédit et d’épargne longue mobilisable. Pour les entreprises, la couverture des actifs et la réassurance locale conditionnent le financement des grands projets.
Avec à peine plus d’un pour cent du PIB, le Burkina peut-il transformer ce rang en véritable levier d’épargne longue et de financement de l’économie ?
