Les caisses populaires du Burkina tournent une page juridique. Réunis en assemblée générale le 29 septembre 2026 à Ouagadougou, les délégués de 31 caisses populaires ont adopté à l’unanimité 14 résolutions et décisions. La principale : la Faîtière des caisses populaires du Burkina (FCPB) devient une union de sociétés coopératives avec conseil d’administration, exerçant dans la microfinance.

Pourquoi ce changement ? La loi portant réglementation de la microfinance, adoptée à l’unanimité le 13 février 2025 par l’Assemblée législative de Transition, n’admet plus que deux formes juridiques : la société anonyme et la société coopérative. Selon le compte rendu de son adoption, le texte remplace l’appellation « systèmes financiers décentralisés » par celle d’« institutions de microfinance », renforce la gouvernance avec des conseils d’administration, relève le capital social pour limiter la multiplication d’acteurs fragiles et élargit les activités accessoires : services de paiement, monnaie électronique, crédit-bail et affacturage. Il encadre aussi la finance islamique.

La FCPB a retenu la forme coopérative, fidèle à son modèle d’origine. L’assemblée a approuvé les statuts et règlements intérieurs et confirmé le conseil d’administration et le conseil de surveillance. Prochaine étape : l’enregistrement au registre des sociétés coopératives. Le réseau attend toutefois des précisions de la BCEAO sur trois paramètres décisifs : le nombre minimum de coopérateurs, le capital social minimum et les compétences exigées des administrateurs.

La mise en conformité va de pair avec la digitalisation. D’après Africa-Press, le réseau a changé de système de gestion en mai 2025 et relie désormais son application mobile Danaya Cash aux comptes des coopérateurs, pour des transactions en temps réel.

L’enjeu dépasse un seul réseau. Fin 2023, le Burkina comptait 124 institutions de microfinance, avec 395,34 milliards FCFA de dépôts et 346,56 milliards FCFA de crédits, pour un taux de créances en souffrance de 6,01 %, selon les chiffres présentés lors du vote de la loi. Le secteur pesait 6,79 % des crédits et 6,24 % des dépôts du système financier.

Pour les banques, fintechs et entreprises, la réforme dessine des IMF mieux capitalisées et mieux gouvernées, donc des partenaires plus solides pour distribuer du crédit, des paiements ou de la monnaie électronique. La hausse du capital requis pourrait aussi pousser les plus petites structures à se regrouper.

Les seuils attendus de la BCEAO permettront-ils de consolider le maillage coopératif sans réduire l’accès des populations rurales aux services financiers ?

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