Avec 170,5 milliards FCFA d’investissements agréés en 2025, la France redevient le premier investisseur étranger en Côte d’Ivoire. Cette performance confirme la profondeur des relations économiques entre Paris et Abidjan. Mais le véritable fait marquant du bilan est ailleurs : avec 51 % des capitaux agréés, les investisseurs ivoiriens occupent la première place, toutes nationalités confondues.

La Côte d’Ivoire continue d’attirer les capitaux privés. En 2025, le Centre de promotion des investissements en Côte d’Ivoire (CEPICI) a agréé 812,67 milliards FCFA d’investissements, contre 741,46 milliards en 2024, soit une progression de 9,6 %. Le nombre de projets agréés est passé de 146 à 154. Ils devraient générer 5 910 emplois permanents, en hausse de 22,5 %.

Cette reprise ne constitue toutefois pas un record. En 2023, le CEPICI avait mobilisé un peu plus de 1 000 milliards FCFA. Sur l’ensemble du Plan national de développement 2021-2025, les investissements agréés atteignent 4 242 milliards FCFA, soit environ 66 % de l’objectif de 6 400 milliards assigné au CEPICI. L’attractivité ivoirienne reste donc solide, mais les ambitions initiales n’ont pas été entièrement atteintes.

Avec 170,5 milliards FCFA, la France représente 21 % de la valeur totale des investissements agréés en 2025. Rapportée uniquement aux capitaux étrangers, estimés à environ 400 milliards FCFA, sa part atteint près de 43 %. Les 21 % correspondent donc à la valeur des investissements agréés et non à 21 % du nombre des projets.

Les capitaux français se sont principalement dirigés vers les centres commerciaux, la manutention et la logistique, l’hôtellerie-restauration, l’élevage et les télécommunications. La France devance largement la Chine, créditée de 56,5 milliards FCFA, soit 7 % du total, et Singapour, avec 48,76 milliards FCFA, représentant 6 %.

L’investissement chinois affiche un profil davantage industriel : matériaux de construction, industrie pharmaceutique, hôtellerie et transformation alimentaire. Singapour concentre surtout ses capitaux dans l’agro-industrie. Cette diversité révèle une Côte d’Ivoire courtisée à la fois pour son marché intérieur, ses infrastructures et sa position de plateforme économique régionale.

En 2023, le Burkina Faso s’était ainsi hissé au premier rang des investisseurs étrangers avec 11 % des investissements agréés. Ses capitaux étaient principalement orientés vers la cimenterie, l’emballage et les transports. La Turquie suivait avec 7 %, tandis que la France, la Chine et le Togo représentaient chacun 5 %.

Le passage du Burkina Faso en tête en 2023 à la France en 2025 traduit non seulement une reconquête géopolitique, mais aussi un effet de calendrier et de grands projets.

À l’échelle consolidée, l’Union européenne demeure présentée comme le premier partenaire commercial, le premier investisseur et le premier bailleur de la Côte d’Ivoire. Cette position regroupe les États membres, la Banque européenne d’investissement et les instruments communautaires réunis sous l’appellation « Team Europe ».

Il faut cependant distinguer les indicateurs. Le classement annuel du CEPICI porte sur les investissements bénéficiant d’un agrément au titre du Code des investissements. Il ne mesure ni le stock historique des capitaux déjà installés ni l’ensemble des sommes effectivement décaissées. La première place de la France en 2025 et celle de Team Europe sur le plan consolidé relèvent donc de périmètres différents.

Le fait marquant de 2025 n’est donc pas uniquement le retour de la France au sommet du classement étranger. C’est aussi l’émergence d’une Côte d’Ivoire capable de mobiliser davantage de capitaux nationaux. La bataille décisive ne portera pas sur la nationalité du premier investisseur, mais sur la transformation de ces milliards en capacités industrielles, en emplois durables et en valeur ajoutée locale.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *