Depuis le début de 2026, Coris Bank International domine largement la cote burkinabè. BOA Burkina progresse aussi fortement, tandis qu’Onatel avance plus modérément. Mais la brusque baisse observée en septembre montre que ces hausses restent exposées aux retournements du marché.
Trois entreprises burkinabè sont cotées à la BRVM : Bank of Africa Burkina Faso, Coris Bank International Burkina Faso et Onatel. Leurs trajectoires racontent trois histoires différentes.
Au 23 septembre, l’action Coris Bank International clôture à 28 675 FCFA, contre un cours de référence de 10 775 FCFA au début de l’année. Cela représente une hausse d’environ 166 %. La banque est de loin la locomotive boursière burkinabè de 2026. Cette envolée accompagne des résultats semestriels solides : son bénéfice net atteint 41,7 milliards FCFA, en hausse de 23,5 %, et son produit net bancaire progresse de 21,2 %. Toutefois, une partie du résultat bénéficie de gains sur actifs immobilisés, présentés comme non récurrents. La hausse du titre traduit donc à la fois l’amélioration des performances et des anticipations élevées des investisseurs.
BOA Burkina suit une dynamique également forte, mais moins spectaculaire : son cours passe d’environ 3 940 FCFA au début de l’année à 7 400 FCFA le 23 septembre, soit près de 88 % de hausse. Son bénéfice net semestriel a progressé de 31 %, à 10,77 milliards FCFA. Mais cette amélioration s’est produite malgré un recul de l’activité bancaire : la baisse du coût du risque a joué un rôle important. L’insight est donc différent de celui de Coris : le marché récompense une rentabilité restaurée, tout en attendant de voir si la progression peut s’appuyer durablement sur la croissance des opérations.
Onatel, enfin, affiche une progression plus mesurée. À 2 800 FCFA le 23 septembre, contre environ 2 450 FCFA au début de l’année, le titre gagne près de 14 %. La société conserve l’attrait d’une valeur télécoms qui distribue des dividendes, mais ses résultats récents invitent à la prudence : au premier trimestre, le chiffre d’affaires a augmenté de 2,7 %, soutenu par les revenus de la data, tandis que le bénéfice net a reculé de 4,5 %. La croissance commerciale ne se transforme donc pas encore pleinement en croissance des profits.
La séance du 23 septembre a brutalement rappelé la volatilité des titres : Coris a perdu 7,5 %, Onatel 3,45 %, tandis que BOA Burkina a quasiment stagné. Pour Coris, le cours s’est ainsi éloigné de son sommet récent de 34 450 FCFA. Cette correction ne gomme pas les gains accumulés depuis janvier, mais elle montre qu’une forte hausse peut aussi rendre un titre vulnérable aux prises de bénéfices.
Le signal de 2026 est donc moins celui d’une hausse uniforme des entreprises burkinabè que celui d’une sélection par les investisseurs. Coris concentre l’appétit pour la croissance, BOA bénéficie d’un redressement de sa rentabilité et Onatel reste portée par ses revenus récurrents, avec une progression boursière plus contenue. Ces variations portent sur les cours, dividendes exclus : elles ne mesurent pas à elles seules le rendement total des actionnaires.
