Une baisse de 80,8 % des appuis budgétaires aurait pu enfermer le Burkina Faso dans le récit de la fragilité. Les chiffres révèlent une remarquable capacité de mobilisation intérieure. Entre 2020 et 2025, ces financements sont passés de 342,35 à 65,76 milliards de FCFA. Dans cet environnement contraint, le pays a renforcé ses ressources propres.

En 2025, celles-ci atteignent 3 617,36 milliards de FCFA, en hausse de 24,5 % sur un an. Les recettes fiscales progressent de 20 %. Ce résultat traduit une économie qui contribue davantage au financement national et une administration capable de mieux mobiliser les ressources.

La portée de cette réussite dépasse le recouvrement. Le déficit budgétaire, dons compris et sur la base des engagements, recule de 5,8 % du PIB en 2024 à 1,8 % en 2025. Une amélioration, obtenue dans un contexte de priorités sécuritaires et sociales.

Cette trajectoire mérite d’être saluée au moment où le financement international du développement se contracte. Selon les données préliminaires de l’OCDE, l’aide bilatérale nette de ses pays donateurs du CAD à l’Afrique subsaharienne a diminué de 26,3 % en 2025. Pour les économies africaines, renforcer les recettes nationales devient une nécessité stratégique.

L’expérience burkinabè montre qu’une réponse intérieure peut prendre une ampleur significative. Chaque ressource mobilisée élargit la capacité de programmer les investissements, de soutenir les services publics et de choisir les priorités nationales.

Les dons destinés aux projets et les emprunts restent présents : l’autonomie complète demeure un horizon. Mais cette précision ne diminue pas la performance accomplie.

Pour l’UEMOA, le cas burkinabè ouvre une discussion : comment transformer les réformes fiscales, les revenus miniers et la mobilisation administrative en capacité durable d’autofinancement ?

Le Burkina apporte une démonstration encourageante : la souveraineté financière se construit dans les résultats du recouvrement et la consolidation des comptes publics. Surtout pour un pays en guerre, ces résultats sont plus qu’à féliciter.

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