Derrière les discussions entre le Sénégal et ses créanciers extérieurs, un enjeu mérite d’attention : la capacité de l’État à payer les entreprises qui travaillent pour lui.
Le gouvernement présente son Plan de traitement de la dette comme un moyen de réduire les remboursements et les besoins de refinancement. L’objectif annoncé est notamment de dégager des ressources pour apurer les arriérés dus au secteur privé.
Le mécanisme est concret. Lorsqu’un fournisseur attend son paiement, sa trésorerie se tend. Il peut retarder les salaires, différer un investissement ou emprunter pour poursuivre son activité. La contrainte budgétaire de l’État peut ainsi se transmettre aux entreprises, puis à leurs salariés et partenaires.
Mais obtenir un accord avec les créanciers ne suffira pas. Encore faudra-t-il que les marges dégagées se traduisent en paiements effectifs, selon un calendrier transparent, sans accumulation de nouveaux impayés. Le programme envisagé avec le FMI prévoit un suivi renforcé des arriérés intérieurs.
Pour apprécier la réussite du processus, trois indicateurs seront donc décisifs : les sommes versées aux fournisseurs, les délais de règlement et l’évolution du stock d’arriérés.
Le véritable test économique sera là : transformer un accord financier en trésorerie disponible, en activité préservée et en emplois moins fragilisés.
