Avec RAFFINOR-BF, le Burkina Faso franchit une étape majeure : une part croissante de son or pourra être analysée, raffinée, stockée et commercialisée depuis le territoire national. À pleine capacité, cette nouvelle infrastructure pourrait traiter un volume d’or dont la valeur brute avoisinerait 13 000 milliards FCFA par an.

RAFFINOR-BF est conçue pour transformer le doré en lingots d’or fin pouvant atteindre une pureté de 99,99 %. Le complexe réunit également un laboratoire d’analyse, une fonderie, un espace de stockage sécurisé et une unité de bijouterie. Son investissement est estimé à 11 milliards FCFA.

Mais la mesure la plus parlante est le volume que l’usine pourra prendre en charge. Selon les données communiquées lors de l’inauguration, sa première phase pourra traiter 164 à 167 tonnes d’or par an. Au cours de l’or observé le 27 septembre et au taux de change du 28 septembre, 164 tonnes d’or fin représentent une valeur brute d’environ 12 900 milliards FCFA. C’est l’ordre de grandeur du métal que l’infrastructure pourrait transformer en une année à pleine capacité.

L’intérêt économique de la raffinerie est de faire travailler au Burkina Faso une plus grande partie de la chaîne qui accompagne cette richesse : l’analyse, l’affinage, la fonte, le stockage, la logistique et la commercialisation des lingots.

Jusqu’ici, l’or burkinabè quittait le pays sous forme de doré pour être affiné ailleurs. Désormais, des prestations indispensables à sa mise en marché pourront être réalisées localement. Cela signifie des contrats pour des techniciens, des transporteurs, des entreprises de sécurité, des fournisseurs d’équipements et des prestataires burkinabè.

La raffinerie pourra aussi améliorer la connaissance de la qualité et de la teneur des lots avant leur commercialisation. Avec son laboratoire, elle dispose d’un outil pour mesurer précisément le métal et fournir les services d’analyse associés. Son site annonce également des prestations de fonderie, de stockage sécurisé et de logistique.

Une capacité qui accompagne le poids de l’or dans l’économie

En 2025, la production nationale déclarée a atteint 94 tonnes, dont environ 42 tonnes issues du secteur artisanal, selon les chiffres présentés par le ministère des Mines. La capacité annoncée de RAFFINOR-BF lui donne donc une dimension à la mesure de l’ambition nationale : traiter l’or burkinabè, tout en se positionnant progressivement comme un outil de raffinage pour l’ensemble de la région.

La deuxième phase annoncée porterait la capacité globale à 515 tonnes par an. Cette perspective ouvre un horizon plus large : faire de Ouagadougou un centre de transformation et de services pour l’or de l’espace ouest-africain. Le site, avec sa fonderie, son laboratoire, ses capacités de stockage et son unité de bijouterie, a vocation à soutenir cette montée en puissance.

Des emplois et des activités au-delà de l’usine

Les prévisions communiquées font état d’environ 100 emplois directs et de plus de 5 000 emplois indirects. Autour du site, les retombées attendues concernent notamment les services de transport, la sécurité, la maintenance, l’approvisionnement, la joaillerie et les activités commerciales liées aux métaux précieux. Ces emplois représentent aussi des débouchés pour les compétences nationales dans un secteur stratégique.

La nouvelle infrastructure vient ainsi renforcer une économie où les industries extractives pèsent déjà lourd : selon les données ITIE 2024, elles représentaient 15,1 % du PIB, 15,3 % des recettes publiques et 69,6 % des exportations. En raffinant une partie de l’or sur son sol, le Burkina Faso se donne les moyens de prolonger cette contribution au-delà de l’extraction.

RAFFINOR-BF est donc bien plus qu’une usine : c’est un nouvel outil économique pour transformer une ressource nationale, développer des compétences et faire circuler davantage d’activités au Burkina Faso. Avec une capacité de première phase évaluée à près de 13 000 milliards FCFA d’or traité en valeur brute, l’enjeu est désormais de faire de cette infrastructure un moteur durable de croissance et de création de richesse locale.

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