Au Burkina Faso, malgré des avancées significatives au cours de la dernière décennie, des millions de personnes restent encore en marge du système financier formel. Quels sont les progrès réalisés ? Quels obstacles persistent ? Et quelles solutions pourraient accélérer l’intégration financière des populations ?
Une priorité stratégique pour les économies africaines
L’inclusion financière est définie comme la possibilité pour les individus et les entreprises d’accéder à des services financiers utiles et abordables comptes bancaires, épargne, crédit, assurance et paiements.
Dans les économies émergentes, elle est considérée comme un levier puissant pour :
– réduire la pauvreté
– stimuler l’entrepreneuriat
– renforcer la résilience économique des ménages.
Au niveau régional, la BCEAO a fait de l’inclusion financière l’une de ses priorités stratégiques, notamment à travers la Stratégie Régionale d’Inclusion Financière dans l’UEMOA.
Une progression notable ces dernières années
Au cours des dix dernières années, le taux d’inclusion financière dans l’UEMOA a connu une progression significative.
Selon les données de la BCEAO :
– le taux global d’inclusion financière est passé d’environ 30 % en 2014 à plus de 60 % aujourd’hui.
Cette progression est largement attribuable à l’essor du mobile money, qui a permis à des millions de personnes d’accéder pour la première fois à des services financiers.
Au Burkina Faso, les opérateurs de téléphonie mobile ont joué un rôle déterminant dans cette transformation.
Des défis persistants dans les zones rurales
Malgré ces avancées, plusieurs obstacles continuent de freiner l’accès aux services financiers pour une grande partie de la population.
Parmi les principaux défis :
– la faible densité d’agences bancaires en zone rurale
– le coût perçu des services bancaires
– le manque de culture financière
– la prédominance du secteur informel.
Selon certaines estimations, près de 80 % des acteurs économiques au Burkina Faso évoluent dans l’informel, ce qui complique leur accès aux services bancaires classiques.

Inclusion financière au Burkina Faso, un engagement stratégique de l’APBEF-B
Dans un contexte de transformation économique et digitale, l’inclusion financière s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur de développement au Burkina Faso. Permettre à davantage de populations d’accéder aux services financiers formels, épargne, crédit, paiement digital ou assurance, constitue désormais un levier essentiel de croissance, de résilience économique et de réduction des inégalités.
Au cœur de cette dynamique, l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers du Burkina (APBEF-B) joue un rôle stratégique dans la modernisation du secteur financier national.
À travers ses actions de concertation, de sensibilisation et d’accompagnement du secteur bancaire, l’APBEF-B contribue activement à rapprocher les services financiers des populations, notamment des jeunes, des femmes, des PME et des zones rurales encore faiblement bancarisées.
L’organisation mène des activités de promotion à travers les journées portes ouvertes et des journées de l’inclusion financière. Convaincue que l’accès aux services financiers passe aussi par une meilleure compréhension des outils bancaires, l’APBEF-B multiplie les initiatives de sensibilisation et d’éducation financière. Les Journées de l’inclusion financière organisées avec les acteurs du secteur permettent notamment de renforcer les échanges autour des défis liés à la bancarisation et à l’innovation financière.
L’inclusion financière représente un véritable moteur de développement économique et social. Elle favorise l’autonomisation des populations, stimule l’entrepreneuriat, facilite l’accès au financement des activités productives et contribue à l’intégration progressive de milliers de Burkinabè dans l’économie formelle.
À travers son engagement, l’APBEF-B confirme ainsi sa volonté de faire du système financier burkinabè un outil de croissance inclusive, moderne et accessible à tous.
